L'EXPRESSE


Le Bureau de consultation jeunesse est un organisme communautaire qui fut créé en novembre 1969 (et incorporé en 1970) suite à la fusion de deux organismes : l’Accueil des jeunes, qui se présentait comme un service d’hébergement avec un suivi clinique pour les garçons ayant des comportements dits délinquants, et le Carrefour des jeunesses féminines, caractérisé par un service d’adoption et de placement en famille d’accueil comportant un volet de consultation clinique. Ce sont les travailleurs de ces deux organismes qui se sont unis afin de créer un seul organisme dédié à la jeunesse ayant pour but de venir en aide et d’offrir des services à la jeunesse confrontée aux dures réalités de la vie et devenant de plus en plus marginale. C’est alors qu’il se dota de son premier mandat qui fut d’offrir des services de consultation aux jeunes de Montréal pour répondre à leurs besoins sociaux. Pour ce faire, le BCJ s’efforça de sensibiliser la communauté aux besoins des jeunes, de rendre plus accessibles aux jeunes les ressources existantes ainsi que de les mobiliser dans la recherche de solutions visant l’amélioration de leurs conditions de vie. Le Bureau de consultation jeunesse s’est alors distingué de la Société des Services Sociaux en ne considérant pas le retour du jeune au sein de sa famille comme principal but, mais se dit plutôt défenseur des droits de la jeunesse. Il adopte un principe d’intervention connu sous le nom de préjugé favorable aux jeunes.

La vision progressiste qui caractérise les promoteurs du BCJ fait en sorte que l’organisme se différencie des services de l’État par son approche innovatrice qui favorise la prévention comme méthode d’intervention et qui considère davantage l’ensemble de la réalité de la jeunesse comparativement à l’approche dite plus traditionnelle. Le BCJ fut alors plus accessible aux jeunes qui ne se retrouvaient pas dans l’approche propre aux services gouvernementaux. L’organisme qui était à cette époque syndiqué décida de se désyndiquer pour adopter un mode de gestion collective. C’est en 1983 que le BCJ devint un collectif de travail et, de ce fait, chaque travailleur-e avait ainsi un pouvoir de décision à l’égard de l’intervention pratiquée au sein de l’organisme.

Au fil du temps, les conditions sociales et économiques changent. La clientèle se constitue d’une majorité de jeunes. En 1974, le BCJ Laval fut mis sur pied, en 1976, c’est au tour du BCJ Longueuil de faire son apparition. Le manque de ressources et de services aux jeunes dans ces régions expliqua leur formation. Alors naît le BCJ Villeray, connu à l’époque sous le nom de BCJ St-Édouard. Il fut créé en 1975 suite à des demandes grandissantes de services pour les jeunes et devint alors le BCJ central. Une multitude de projets et de volets de travail s’en suivent : Élan Laval, en 1977, axé principalement sur la dimension du travail; Détour, aussi en 1977, qui se veut un service d’hébergement pour les jeunes; Cours aux parents, en 1979, des groupes de rencontre et d’entraide pour parents; un groupe de travail sur la prostitution juvénile en 1980, mieux connu aujourd'hui sous le nom de PIAMP;mise sur pied d'une clinique jeunesse au début des années 80 : La Clinqiue des jeunes St-Denis qui offrent des soins à la fois médicaux et suivi psychosocial, etc. Partant du fait que le BCJ se veut un terrain d’expérimentation à l’égard de l’intervention auprès des jeunes, nombreuses approches et plusieurs autres projets furent expérimentés. Certains se sont démarqués par leur continuité dans le temps, d’autres firent un bout de chemin pour ensuite laisser leur place à autre chose.

Des projets d’intervention auprès des jeunes mères, jeunes pères, «Et si on faisait connaissance» (projet innvovateur sur le rapport noir/blanc), ont vu le jour et font toujours partie de la programmation de l’organisme et ce, sur tous les territoires desservis par le BCJ.

Tout au long de son histoire, le BCJ a adhéré au principe que - tout est politique et qu’'un changement social doit avant tout se faire avec les jeunes - d'où l’'importance de son volet de Vie associative où les jeunes s'impliquent activement dans la prise de décision et les orientations de l'organisme.